Semaine du kératocône : informer, sensibiliser et accompagner les patients

À l’initiative d’associations comme « Prévention et Information Médicale », nous célébrions il y a peu “la Semaine du kératocône”, qui vise à sensibiliser le grand public à cette pathologie rare de la cornée. Le Centre Ophtalmologique de Nantes-Orvault, avec les Dr Bénédicte Brousseau et Dr Idriss Badat, se fait le relais de cette campagne de santé publique en proposant une information personnalisée à destination des patients et de leurs proches.

Qu’est-ce que le kératocône ?

Le kératocône est une maladie évolutive de la cornée, cette fine membrane transparente située à l’avant de l’œil. Normalement sphérique, la cornée adopte progressivement une forme conique chez les personnes atteintes de kératocône. Cette déformation entraîne une vision floue, déformée, et une sensibilité accrue à la lumière.

La maladie débute généralement à l’adolescence ou au début de l’âge adulte et touche les deux yeux, bien que souvent de manière asymétrique.

Une maladie encore méconnue

Selon les études épidémiologiques, le kératocône toucherait environ 1 personne sur 2 000 en France. Toutefois, certains spécialistes estiment que cette fréquence pourrait être sous-évaluée, notamment grâce aux progrès des techniques d’imagerie cornéenne (topographie cornéenne) qui permettent aujourd’hui un diagnostic plus précoce.

Il existerait également des facteurs génétiques ou environnementaux impliqués dans l’apparition de cette maladie. Par exemple, le frottement oculaire chronique, souvent lié à des allergies ou à un terrain atopique, serait un facteur aggravant bien documenté.

Quels sont les symptômes du kératocône ?

Le kératocône évolue lentement et peut passer inaperçu aux premiers stades. Les symptômes les plus courants incluent :

  • Une baisse progressive de la vision,
  • Une vision floue ou déformée, surtout en vision nocturne,
  • Une photophobie (gêne à la lumière),
  • Une difficulté à corriger la vue avec des lunettes classiques.

L’évolution de la maladie est variable. Chez certains patients, elle se stabiliserait spontanément au bout de quelques années. Chez d’autres, une progression rapide peut entraîner une altération sévère de la qualité de vie.

Comment diagnostique-t-on un kératocône ?

Le diagnostic repose sur des examens d’imagerie cornéenne, en particulier la topographie cornéenne, qui permet de cartographier précisément la courbure et l’épaisseur de la cornée. Cet examen est non invasif et essentiel au dépistage précoce.

En cas de suspicion, les équipes du Centre Ophtalmologique de Nantes-Orvault peuvent proposer un bilan adapté, combinant topographie, pachymétrie (épaisseur de la cornée), et parfois aberrométrie (analyse des aberrations optiques).

Quels sont les traitements disponibles ?

Le traitement du kératocône dépend de la sévérité de la maladie et de son évolution. L’objectif est à la fois d’améliorer la vision et de freiner l’évolution de la déformation cornéenne.

Voici les options actuellement disponibles :

     1. Correction optique

Aux stades précoces, une simple correction par lunettes ou lentilles souples peut suffire. En cas de déformation plus marquée, des lentilles rigides ou des lentilles sclérales sont souvent indiquées pour améliorer la qualité de la vision.

     2. Cross-linking cornéen

Le cross-linking est une technique qui consiste à renforcer la structure de la cornée à l’aide d’un traitement par UV et de la riboflavine (vitamine B2). Ce traitement est destiné à ralentir, voire stabiliser, la progression de la maladie. Il serait particulièrement efficace lorsqu’il est proposé à un stade précoce.

     3. Anneaux intracornéens

Lorsque le kératocône est plus avancé, mais que la cornée reste claire et suffisamment épaisse, la pose d’anneaux intracornéens peut être envisagée. Ces petits implants aident à régulariser la forme de la cornée.

     4. Greffe de cornée

Dans les cas les plus sévères et invalidants, une kératoplastie (greffe de cornée) peut devenir nécessaire. Cette chirurgie, bien qu’efficace, n’est envisagée qu’en dernier recours.

L’importance du dépistage précoce

Un dépistage précoce permet non seulement de préserver la vision mais aussi d’éviter les complications futures. Toute personne présentant une baisse de vision inexpliquée, une astigmatie évolutive ou des antécédents familiaux de kératocône devrait bénéficier d’un bilan ophtalmologique approfondi.

La Semaine du kératocône est aussi l’occasion de rappeler l’importance de ne pas se frotter les yeux de manière répétée ou vigoureuse. Ce geste anodin peut, à long terme, fragiliser la cornée.

Conclusion

Le kératocône est une pathologie encore trop méconnue, bien qu’elle puisse affecter durablement la qualité de vie visuelle. À l’occasion de la Semaine du kératocône, le Centre Ophtalmologique de Nantes-Orvault, avec les Dr Brousseau et Dr Badat, réaffirme son engagement en matière d’information et de dépistage.

Nos équipes sont disponibles pour proposer un accompagnement personnalisé aux patients concernés et à leurs familles.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à visiter nos pages Votre visite ou Contact pour prendre rendez-vous ou poser vos questions.

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